Face à l’intimidation, les ainés comptent sur leurs proches

lundi 02 octobre 2017

La Chaire de recherche sur la maltraitance envers les personnes aînées publie des résultats inédits sur la perception des aînés envers l’intimidation



Plus de 90 % des personnes aînées se tourneraient vers un de leurs proches, un organisme ou une personne en autorité si elles se sentaient victimes d’intimidation ou qu’elles en étaient témoins, révèle une recherche menée par la Chaire de recherche sur la maltraitance envers les personnes aînées de l’Université de Sherbrooke et DIRA-Estrie, le Centre d’aide aux aînés victimes de maltraitance. Il s’agit de la toute première étude scientifique menée spécifiquement sur le sujet au Québec.

Ces résultats, dévoilés à l’occasion de la Journée internationale de la non-violence et au lendemain de la Journée internationale des aînés, soulignent l’importance de sensibiliser le public à l’intimidation envers les aînés et d’outiller proches et organismes pour leur permettre de répondre rapidement à un appel à l’aide.

L’intimidation, c’est…

Deux tiers des ainés font difficilement la différence entre la maltraitance et l’intimidation. La maltraitance, qu’elle soit intentionnelle ou non, se produit au sein d’une relation de confiance; l’intimidation, quasi toujours intentionnelle, se produit dans tout type de relation. Mais que ce soit pour décrire l’un ou l’autre, les aînés utilisent des verbes sans équivoque : pousser, crier, insulter…

Faits saillants

  • Si elles en étaient la cible ou comme témoins, 93,2% personnes rencontrées mentionnent qu’elles se tourneraient vers au moins une ressource pour chercher de l’aide : organismes communautaires, CLSC, médecin, curé, police, regroupement d’aînés, Ligne Aide Abus Ainés, proches et famille, etc.
  • S’ils avaient à subir de l’intimidation, un grand nombre d’aînés se confieraient à un ami proche. Par contre, s’ils en étaient témoins en milieu de vie collectif, ils se référeraient davantage à la direction ou au personnel de la résidence pour aînés.
  • Qu’ils soient la cible ou témoins, 77 % des aînés affirment qu’ils éprouveraient des craintes avant de se confier : craintes de vengeance, d’abandon, de ne pas être cru, d’être isolé ou perçu comme un délateur, de devoir quitter leur milieu de vie, etc.

Découvrez les autres faits saillants dans le communiqué 

Citations

« Je suis intervenue pour un fils qui profitait de sa mère qui n’était pas en état de se défendre mentalement. C’est après que j’ai réalisé… Je n’ai pas eu de retombée, on ne m’a pas battue … Mais je trouvais ça injuste ! Ça m’a fait réagir, c’est la protection d’une personne inapte. » - Témoignage d’une aînée

 

 

« Ça déborde les normes. La première fois, tu te dis que ce n’est pas si pire. Mais deux ou trois fois... Ça devient routinier. Tu te dis : qu’est-ce qui va m’arriver ? Là, ça va peut-être te forcer… Mais peut-être que tu ne seras pas capable de le dire directement à la personne? Tu vas prendre un autre moyen comme (te tourner vers) une association ou quelque chose comme ça. » – Témoignage d’une aînée

 

 

« Les résultats de cette recherche démontrent l’importance de poursuivre la sensibilisation du public et de faire connaître les recours possibles, car un aîné dont on est proche peut vouloir faire appel à nous » Marie Beaulieu, titulaire de la chaire de recherche, professeure à la Faculté des lettres et sciences humaines de l’Université de Sherbrooke et chercheure au Centre de recherche sur le vieillissement du CIUSSS de l’Estrie – CHUS.

 

 

« Grâce aux données recueillies, nous allons bâtir un guide de pratique que nous pourrons expérimenter pour améliorer notre offre de service et mieux soutenir les aînés qui demandent de l’aide » - Lucie-Caroline Bergeron, coordonnatrice de DIRA-Estrie.


Fichiers complémentaires

Communique_intimidation-aines.pdf253 K

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