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Dépendance à l’alcool et aux drogues


Introduction
Quelques définitions
Portrait régional
Documentation
Partenaires
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Formations


Introduction

La terminologie de Dépendances englobe la toxicomanie (alcool, drogues et médicaments psychotropes) et le jeu pathologique (jeux de hasard et d’argent).

Alcool et drogues présents dans la plupart des cultures

Consommer de l’alcool, des médicaments psychotropes et même de la drogue est un comportement répandu dans les populations et le Québec n’y fait pas exception.

Les pratiques de consommation se sont profondément transformées ces dernières années (alcool beaucoup plus présent, banalisation de la consommation de cannabis chez certains jeunes, arrivée de nouvelles drogues), d’où l’importance de s’informer et de comprendre afin d’éviter les consommations dangereuses et ainsi, réduire les risques pour la santé et le bien-être.

Intervenir tôt

La problématique de dépendance aux substances se développe selon une trajectoire insidieuse de plusieurs mois, voire plusieurs années. De plus, les individus ne sont pas « égaux »  face à ces comportements. Certains sont nettement plus vulnérables que d’autres à cause de caractéristiques  génétiques, biologiques, psychologiques ou sociales. Des interventions peuvent être réalisées avant que la personne soit dépendante à l’alcool ou aux drogues. La démonstration a été faite que, pour la majorité des individus, les interventions les plus prometteuses sont celles qui se situent tôt dans le processus de développement du problème, d’où la pertinence d’agir en prévention et en intervention précoce, c’est-à-dire sur les déterminants de la santé, sur les facteurs de risque et au stade préclinique (avant que la dépendance ne soit installée).

Quelques définitions

Addiction

Ce terme très employé est en fait un anglicisme. Le terme français est « Assuétude » qui signifie au sens courant une dépendance à une substance comme l’alcool ou les drogues. Par extension, l'addiction se rapporte autant à des conduites, telles que le jeu compulsif, les conduites à risque ou la pratique d'exercices sportifs inadaptés entraînant un syndrome de surentraînement, qu'à la dépendance à des produits comme l'alcool, le tabac ou les psychotropes.

Dépendance physique

État résultant de l’usage répété et excessif d’alcool ou d’autres substances, au point que l’organisme est adapté physiologiquement à la présence continue de la substance.

Dépendance psychologique ou psychique

État résultant de l’usage répété et excessif d’alcool ou d’autres substances, au point que la personne vit une préoccupation émotionnelle et mentale en regard de la substance et un besoin intense et persistant pour en reprendre, le plus souvent tout en étant parfaitement consciente des effets négatifs de l’usage.

Psychotrope

Toute substance qui agit sur le psychisme d’un individu en modifiant son fonctionnement mental au niveau des perceptions, de l’humeur, de la conscience, du comportement et de toutes les fonctions psychologiques.

Toxicomanie

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la définition stricte de la toxicomanie correspond à quatre éléments :

  • une envie irrépressible de consommer le produit;
  • une tendance à augmenter les doses;
  • une dépendance psychologique et parfois physique;
  • des conséquences néfastes sur la vie quotidienne (émotives, sociales, économiques).

Pour plus de définitions, visitez le site du gouvernement du Canada.

Les seuils de risque liés à la consommation d’alcool

Abstinence, consommation sans risque ou à faible risque

Consommation à risque ou problématique

Diagnostic de troubles liés à une substance

Abstinence
Aucune consommation

Consommation modérée
Consommation hebdomadaire régulière égale ou inférieure à :
9 chez les femmes
14 chez les hommes

Consommation à risque
Consommation d’un volume important

Consommation* hebdomadaire de :
10 à 35 chez les femmes
15 à 35 chez les hommes

Intoxication (calage)

Consommation problématique
Consommation d’un volume important et intoxication avec problèmes associés

Abus
Présence d’au moins un des critères de problèmes psychosociaux ou de comportement, au cours d’une période de 12 mois

Dépendance
Présence d’au moins trois des critères de problèmes physiques, psychosociaux ou comportementaux, sur une période continue de 12 mois au moins

* 1 consommation = 1 bière (12 oz), 1 verre de vin (4,5 oz) ou 1 verre de spiritueux (1,5 oz)

Portrait régional

L’alcool

Selon l’enquête sur les toxicomanies au Canada (2005), 82,3 % de la population québécoise âgée de 15 ans ou plus déclare avoir consommé de l’alcool au cours des douze mois précédant l’enquête.  En Estrie, la proportion est de 83,1 %.

C’est dans la tranche des plus jeunes, 15-24 ans, que les femmes sont consommatrices d’alcool dans une proportion presque égale à celle des hommes. En comparaison, chez les 25-44 ans, on observe une proportion de buveurs deux fois plus élevée (89%) que de buveuses (49%).

La majorité des personnes consomme de façon modérée. Cependant, certains modèles de consommation, par le volume, la fréquence ou les deux, sont inquiétants, en particulier lorsqu’ils touchent les jeunes. Les actions préventives visant à maintenir les personnes dans un statut de consommation modérée prennent tout leur sens.

Les directives de consommation jugée à faible risque sont d’un maximum de quatorze consommations par semaine pour les hommes, et neuf pour les femmes. Sur une période de sept jours précédant une enquête de l’Institut de la statistique du Québec, en 2003, 6 % de la population déclarait avoir excédé quatorze consommations par semaine. En Estrie, la proportion était de 7,5 %.

Une lecture différenciée selon les sexes nous indique que sur sept jours, 13 % des hommes de l’Estrie (contre 10 % au Québec) et 2 % des Estriennes (contre 2,2% au Québec) auraient consommé plus de quatorze consommations.

La consommation excessive est de prendre cinq consommations standard ou plus en une seule occasion. Au Québec 16,7 % des personnes de 15 ans ou plus ont une consommation excessive au moins douze fois par année. La proportion est de 19,7% en Estrie en 2003.

Les effets de la consommation d’alcool pendant la grossesse sont maintenant admis et documentés. Ils vont d’effets plus ou moins subtils regroupés sous l’appellation ETCAF (Ensemble des troubles liés à l’alcoolisation fœtale) au SAF (Syndrome d’alcoolisation fœtale). En 2003, elles sont 26 % pour le Québec à déclarer avoir consommé de l’alcool pendant une grossesse dans les cinq dernières années, alors que le taux canadien est de 8,8 % (Institut de la statistique du Québec, Profils régionaux-cycle 1.1 à partir de l’ESCC). En 2001, la proportion était de 30,8 % en Estrie.

Pour ce qui est de la consommation d’alcool par les jeunes, nous disposons de résultats par MRC grâce à une enquête réalisée en 2005 dans les écoles secondaires de l’Estrie :

Consommation d’alcool par les jeunes des écoles secondaires
Estrie 2005

Coaticook

Des Sources

Granit

Haut-Saint-François

Memphré-
magog

Sherbrooke

Val-Saint-François

Estrie

Fréquence nulle ou faible

79 %

ND

78,4 %

82,4 %

82,7 %

84,1 %

85,2 %

83,1 %

Fréquence élevée *

21 %

ND

21,6 %

17,6 %

17,3 %

15,9 %

14,8 %

16,9 %


* La fréquence élevée correspond à une consommation régulière (au moins une fois par semaine), ce qui inclut aussi la consommation quotidienne, au cours des douze derniers mois.

Pour en savoir plus :

Pour les jeunes :
Rapport de l’enquête estrienne sur le tabac, l’alcool et les drogues chez les élèves du secondaire – 2005

Pour les adultes :
Programme-services Dépendances – Partie I : Contexte, définitions, état de situation régional.

Les drogues illicites

Selon l’enquête sur les toxicomanies au Canada (2005), 47 % de la population québécoise âgée de 15 ans ou plus déclare avoir consommé de la drogue au cours des douze mois précédant l’enquête.

L’enquête réalisée en 2005 dans les écoles secondaires de l’Estrie a révélé que 36 % des élèves du secondaire avaient consommé de la drogue au cours des douze mois précédant l’enquête.

La drogue dont l’usage est le plus répandu est le cannabis : 46 % des Québécois de 15 ans ou plus en ont consommé au cours de leur vie. Viennent ensuite les hallucinogènes (11%) et les amphétamines ou « speed » (9 %).

Chez les élèves du secondaire, le cannabis est le plus répandu (34 %), suivi des hallucinogènes (12 %) et des amphétamines ou « speed » (11 %).

Les jeunes desservis par un centre jeunesse ont un portrait de consommation plus préoccupant, puisque 77,5 % ont fait ou font usage de cannabis; 39 % d’hallucinogènes et 15 %, de cocaïne (contre 5 % en milieu scolaire secondaire en Estrie).

Pour en savoir plus :

Pour les jeunes :
Rapport de l’enquête estrienne sur le tabac, l’alcool et les drogues chez les élèves du secondaire – 2005

Pour les adultes :
Programme-services Dépendances, Partie I – Contexte, définitions, état de situation régional.

Les médicaments du système nerveux central

Lorsqu’on parle de médicaments psychotropes en dépendance, on évoque deux classes de médicaments :

  • Les anxiolytiques (incluant les benzodiazépines), sédatifs et hypnotiques
  • Les antidépresseurs et tranquillisants majeurs

Même s’ils sont généralement prescrits, ces médicaments se vendent aussi sur le marché noir. Cependant, plusieurs consommateurs qui en font un usage « non médical » se les procurent chez le médecin (surtout la catégorie des anxiolytiques, sédatifs et hypnotiques). À cause de ces abus, depuis septembre 2000, les benzodiazépines sont des médicaments « ciblés », c’est-à-dire davantage contrôlés. Leur taux de prescription a baissé. En 1998, les anxiolytiques, sédatifs et hypnotiques représentaient 8,6 % des ordonnances aux personnes de 65 ans ou plus. En 2001, la proportion est passée à 6,6 %.

On parle d’abus ou d’usage inapproprié de médicaments dans l’une ou l’autre des situations suivantes :

La  personne :

  • dépasse la posologie;
  • obtient ses médicaments de plus d’un médecin;
  • consomme des médicaments psychotropes non prescrits;
  • combine la consommation de ces médicaments avec l’alcool ou d’autres drogues.

Depuis quelques années, les liens entre la consommation d’alcool ou de médicaments psychotropes avec les chutes chez les personnes âgées ont été mis en évidence. En 2000, 19,8 % chez les personnes âgées vivant à domicile consommaient des anxiolytiques, sédatifs et hypnotiques.

Pour en savoir plus :

Pour les adultes :
Programme-services Dépendances, Partie I – Contexte, définitions, état de situation régional.

Documentation

Rapport de l’Enquête estrienne sur le tabac, l’alcool et les drogues chez les élèves du secondaire (2005)

Orientations régionales Programme-Services

Plan d'action interministériel en toxicomanie 2006-2011

Pour une approche pragmatique de prévention en toxicomanie – Orientations, axes d’intervention, actions

Dépliant « Pendant la grossesse risque zéro = zéro alcool »

Les drogues Faits et méfaits

Partenaires

Les CSSS réalisent des activités de prévention tout au long de l’année et particulièrement pendant la Semaine nationale de prévention des toxicomanies. 

Les organismes communautaires sont impliqués en prévention, ainsi que dans l’aide et le soutien aux personnes.

Deux organismes ont une mission spécifique de prévention, soit Élixir ou l’Assuétude d’Ève et Zone Libre Memphrémagog à Magog, pour la population adulte (18 ans ou plus).

Des activités de détection de la problématique sont aussi réalisées auprès des jeunes avec un outil standardisé et validé : Dep-Ado.

Utilisateurs

Principalement les organismes de première ligne :

CSSS
Centre jeunesse Estrie
Services psycho-éducatifs en milieu scolaire

Mode de passation

Questionnaire (7 questions) devant être utilisé en face à face, ainsi qu’une feuille de codification.

Description

Un score en trois catégories permet de définir le niveau de risque (feu vert, jaune et rouge).

Temps de passation

10 à 15 minutes

Exigence de formation

Un document explicatif accompagne la grille.

Avantages

Très facile d’utilisation, convivial et rapide. Constitue souvent une porte d’entrée pour discuter avec les jeunes des questions de toxicomanie.

Pertinence

Permet de bien identifier les jeunes dont la consommation est à risque « Feux rouges » et qui doivent être pris en charge par des services spécialisés.

Les jeunes évalués « Feux jaunes » doivent bénéficier de mesures de prévention et d’information plus poussées, ou d’intervention brève.

Cliquez ici pour en savoir plus sur ces outils.

Des activités de détection de la problématique sont aussi réalisées auprès des adultes avec un outil standardisé et validé : DÉBA-ALCOOL/DROGUES .

But de l’outil

Le DÉBA-A/D permet d’orienter les personnes vers un niveau de service approprié à la sévérité de leur problématique de consommation:

Vers les services de première ligne (ex. : CSSS) pour les individus présentant une consommation à risque et problématique.

Vers les services spécialisés pour les consommateurs abusifs ou dépendants
(ex. : centres publics de réadaptation en toxicomanie).

Il se présente sous deux versions, l’une pour la consommation d’alcool (DÉBA-A) et l’autre, pour la consommation de drogues (DÉBA-D).

Utilisateurs

Tous les intervenants qui rencontrent des usagers pouvant présenter un problème lié à sa consommation de substances psychoactives (spa).

Description

Ce questionnaire évalue trois grands concepts :

  • la fréquence de consommation;
  • le degré de dépendance envers ces produits;
  • les conséquences négatives.

Temps de passation

La durée de passation est de 15 minutes environ.

Exigence de formation

Une formation est fortement recommandée.

Avantages

Il est rapide et facile à utiliser.

Pertinence au plan clinique

Il a la décision clinique pour orienter les personnes avec des problèmes de consommation vers un niveau de service approprié.

Cliquez ici pour en savoir plus sur ces outils.

Pour les personnes qui prennent entre 10 et 35 consommations d’alcool par semaine, un nouveau programme est en implantation dans la région : Alcochoix.

Alcochoix+ propose une démarche en trois formules :

Formule autonome :
Vous suivez le programme seul, à l’aide du guide Alcochoix+. Vous progressez à votre rythme pendant environ six à huit semaines.

Formule guidée :
En plus de progresser à l’aide du guide, vous rencontrez à quelques reprises un intervenant Alcochoix+ qui peut répondre à vos questions, vous guider et vous soutenir dans votre démarche.

Formule de groupe :
Vous assistez à six rencontres de groupe de 90 minutes. Un intervenant Alcochoix+ présente les principaux éléments du programme et vous discutez avec les autres participants au sujet des obstacles que vous rencontrez, des stratégies qui fonctionnent pour vous, du progrès effectué, etc.

Pour en savoir plus : www.alcochoixplus.gouv.qc.ca

Ce programme est disponible au CSSS-IUGS de Sherbrooke et il le sera prochainement dans plusieurs autres CSSS de la région.

Liens utiles

Association des intervenants en toxicomanie du Québec

Centre de lutte canadien contre l’alcoolisme et les toxicomanies

Centre de toxicomanie et de santé mentale

Éduc’alcool

Société d’assurance automobile du Québec Prévention

Formations

Universitaire

Régionales organisées par l’Agence (à venir)