Moins d'antipsychotiques pour les personnes âgées en CHSLD

OPUS – AP | Optimiser les pratiques, les usages, les soins et les services – antipsychotiques, un projet pour améliorer la qualité de vie de nos aînés hébergés.

 

Aperçu du projet   Les antipsychotiques

Histoire de résidents  Détails du Projet

Aperçu du projet

Au Québec, entre 40 et 60 % des personnes âgées de 65 ans et plus hébergées dans des centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) prennent des antipsychotiques sans avoir reçu un diagnostic de psychose. 

C’est pourquoi plusieurs CHSLD québécois se lancent dans une démarche visant à réduire la prise d’antipsychotiques pour améliorer la qualité de vie des résidents.

Consulter l'affiche résumant le projet

Résultats de la phase 1 en bref

Déprescription d’AP tentée chez 220 résidents de 24 CHSLD participants. Collecte de données entre janvier et octobre 2018.

  • 53 % : cessation
  • 33 % : diminution de dose 
  • 6 % : aucun changement
  • 3 % : augmentation de dose
  • 5 % : divers

Autres données

  • Réduction de l’usage des benzodiazépines (souvent prescrites pour diminuer l’anxiété et favoriser le sommeil).
  • Pas de prescription supplémentaire d’antidépresseurs.
  • Pas d’augmentation des troubles de comportement, des hallucinations ou des idées délirantes chez la majorité des résidents.
  • Pas d’effets sur les chutes pour 83 % des résidents.
  • Hausse des approches non pharmacologiques personnalisées (musicothérapie, récréothérapie, etc.). 

 

Consulter le bilan de la phase 1

Qu'est-ce qu'un antipsychotique?

Un antipsychotique est un médicament qui soulage les symptômes de psychose. On parle de psychose quand une personne :

  • s’imagine des choses qui n’existent pas (pense qu’elle est suivie, voit des complots contre elle, croit qu’on lui veut du mal, etc.)
  • a des hallucinations (entend des voix, voit des choses irréelles, etc.).

On donne parfois des antipsychotiques aux personnes âgées qui ont des troubles de comportement liés à la maladie d’Alzheimer ou à une autre démence, surtout lorsque le comportement peut être dangereux pour soi ou les autres.

On sait maintenant qu'ils sont peu efficaces pour soulager certains troubles de comportement, et qu’il y a plus de risque de :

  • somnolence
  • chutes
  • tremblements au repos
  • pneumonie
  • accident vasculaire cérébral (AVC)
  • rigidité des muscles
  • insuffisance cardiaque.

À propos de l’utilisation des antipsychotiques au Canada

Détails du projet

Histoires de résidents

Les familles et les proches des personnes âgées hébergées sont des partenaires importants dans les soins. Apprenez-en davantage sur leur point de vue lorsqu’on a cessé de donner des antipsychotiques à leurs proches.

Lire l'histoire de Barbara L.

Citations

« Maintenant qu’elle ne prend plus d’antipsychotiques, ma mère est beaucoup plus calme. Je me sens bien, car je sais qu’on prend bien soin d’elle. »

« On pensait que c’était la maladie qui l’emportait, mais ça ne l’était pas. C’était les médicaments qui n’étaient pas bon pour elle. Maintenant, elle est beaucoup plus capable de nous parler et d’avoir une conversation. » 

Membres de la famille d’une résidente

Visionnez quatre témoignages sur YouTube

Détails du projet

OPUS – AP découle d’un projet initié par la Fondation canadienne pour l’amélioration des services de santé (FCASS) en 2014-2015. Il avait pour but de réduire le recours aux antipsychotiques dans 56 établissements de soins de longue durée (416 résidents impliqués) de sept provinces et d’un territoire par le recours aux interventions non pharmacologiques. Après un an, les résultats étaient éloquents :

  • réduction ou élimination des antipsychotiques chez 54 % des résidents
  • réduction de 20 % du nombre de chutes.

 

En savoir plus sur le projet de la FCASS

Consultez les résultats

Au printemps 2017, les PDG des établissements québécois ayant au moins un CHSLD ont convenu de déployer un projet similaire de concert avec la FCASS et les autorités ministérielles.

 

Professionnels et intervenants impliqués

Équipes interdisciplinaires comprenant, entre autres, des médecins, des pharmaciens, des infirmières, des infirmières auxiliaires, des préposés aux bénéficiaires, des ergothérapeutes, des physiothérapeutes, des travailleurs sociaux, des nutritionnistes, des techniciens en loisirs. Ces équipes vont :

  • réviser des profils pharmacologiques des résidents pour repérer l’usage inapproprié des antipsychotiques
  • identifier les résidents pour qui l’usage des antipsychotiques entraîne plus de risques que de bénéfices et suivre leur condition dans le temps
  • tenir des caucus interdisciplinaires réguliers pour assurer la mise en place des meilleures interventions pour chaque résident
  • recourir à des outils fondés sur les meilleures pratiques pour renforcer l’usage des approches de base et des interventions non pharmacologiques et déprescrire l’usage des antipsychotiques lorsque non approprié
  • faire encore plus équipe avec la famille de l’usager pour convenir des soins.

 

Échéancier

Collecte de données des trois phases au Québec

  • Phase 1 | janvier 2017 à octobre 2018 : dans 24 CHSLD
  • Phase 2 | mars à octobre : dans 134 CHSLD
  • Phase 3 | à déterminer

Liste des 24 CHSLD québécois impliqués dans la phase 1

  • CISSS du Bas-Saint-Laurent | Centre d’hébergement de Rimouski 
  • CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean | Centre d’héberbement Métabetchouan-Lac-à-la-Croix
  • CIUSSS de la Capitale-Nationale | Centre d’hébergement Saint-Raymond
  • CIUSSS de la Mauricie-et-du-centre-du-Québec | Centre Christ-Roi
  • CIUSSS de l'Estrie – CHUS | Hôpital et Centre d’hébergement D’Youville
  • Centre universitaire de santé McGill | Hôpital de Lachine et Pavillon Camille-Lefebvre
  • CIUSSS de l'Ouest-de-l'Île-de-Montréal | Installations de l'Hôpital Sainte-Anne
  • CIUSSS du Centre-ouest-de-l'Île-de-Montréal | Jewish Eldercare Centre
  • CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal | CHSLD Pierre-Joseph-Triest
  • CIUSSS du Centre-sud-de-l'Île-de-Montréal | Pavillon Alfred-DesRochers
  • CIUSSS du Nord-de-l'Île-de-Montréal | CHSLD Paul-Gouin
  • CISSS de l'Outaouais | CHSLD Foyer du Bonheur
  • CISSS de l'Abitibi-Témiscamingue | CHSLD de Macamic
  • CISSS de la Côte-Nord | CHSLD Boisvert
  • CRSSS  de la Baie-James | Centre de santé de Chibougamau (CHSLD)
  • CISSS de la Gaspésie | CHSLD du Rocher-Percé
  • CISSS des Îles | CHSLD Eudore-Labrie
  • CISSS de Chaudière-Appalaches | CLSC et CHSLD de Lac-Etchemin
  • CISSS de Laval | Centre d'hébergement de La Pinière
  • CISSS de Lanaudière | Centre d'hébergement de l'Assomption
  • CISSS des Laurentides | CHSLD Drapeau-Deschambault
  • CISSS de la Montérégie-Centre | CHSLD Gertrude-Lafrance
  • CISSS de la Montérégie-Est | Centre d'hébergement de l'Hôtel-Dieu-de-Saint-Hyacinthe
  • CISSS de la Montérégie-Ouest | CHSLD Côteau-du-Lac

Partenaires

  • CIUSSS de l’Estrie – CHUS (mandataire) et les CISSS et CIUSSS du Québec
  • Ministère de la Santé et des Services sociaux
  • Fondation canadienne pour l’amélioration des services de santé
  • L’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux
  • Regroupement provincial des comités des usagers
  • Fédération québécoise des Sociétés Alzheimer
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