Des aînés et des « pros » de la recherche unis pour valoriser le dialogue entre générations

Monday 05 June 2017 | News

Sept citoyennes aînées et des chercheurs au Centre de recherche sur le vieillissement ont formé le Groupe de recherche intergénérationnel sur le vieillissement de l’Estrie (GRIVE).



Ce groupe a pour mandat de mener des projets de recherche visant à « valoriser et démystifier le vieillissement afin de garder la place des aînés dans la société.»

Cet automne, le GRIVE entamera son premier projet : il recrutera des aînés et des jeunes dans la vingtaine pour bâtir un événement intergénérationnel mettant à contribution les capacités physiques et mentales des deux groupes d’âge.

La première phase de ce projet permettra d’étudier les dynamiques intergénérationnelles et leur contribution au développement de l’empowerment (autonomisation) chez les aînés.

Pour et avec les aînés

L’originalité du GRIVE réside dans son approche dite de co-construction; c’est-à-dire « construire ensemble ». Celle-ci s’appuie sur une méthode participative où les citoyens aînés collaborent pleinement à toutes les étapes du projet de recherche :

  • Choix de la thématique éthique
  • Demande de financement
  • Cueillette de données et analyses
  • Rédaction d’articles et publication dans des revues

Citation

« Il ne s’agit pas de consulter sept aînés, mais de les intégrer entièrement au processus de recherche. Car les aînés veulent être partie prenante des choix qui les concernent.» Martin Brochu, professeur et chercheur

Vieillir n'est pas une maladie

Claude Desjardins, qui se définit comme une artiste sculpteure sociale, fait partie des citoyennes-chercheuses du GRIVE. Au fil de la vie, note-t-elle, on acquiert une vaste expérience. Puis avec la retraite, c’est comme si on se trouvait d’un coup dans le bras mort d’une rivière : l’expérience ne compte plus, on n’a plus voix au chapitre. Beaucoup d’aînés ont le sentiment de ne plus servir à rien.

« L’approche scientifique du GRIVE, très structurée, va permettre de mettre en valeur ce que les aînés peuvent apporter à la société, comment ils peuvent continuer d’évoluer, de servir, et d’enrichir le dialogue entre générations.» Claude Desjardins, citoyenne-chercheuse

Évoluer ensemble

L’initiative du GRIVE peut apporter beaucoup au monde de la recherche et aux institutions qui s’intéressent à la santé des aînés, croit Martin Brochu. Lui-même identifie déjà plusieurs impacts positifs pour la recherche :

  • Le chercheur prend davantage le temps d’écouter activement ce que les personnes vivent pour intégrer les aspects plus personnels et concrets à ses hypothèses de recherche
  • Il peut mettre des visages sur des données, pour se rappeler au service de qui se fait la recherche

« Le monde de la recherche travaille de la même manière depuis des décennies. Il est temps d’explorer de nouvelles approches qui laissent plus de place aux citoyens. » Martin Brochu

Co-chercheurs universitaires

  • Martin Brochu, professeur-chercheur à la Faculté des sciences de l’activité physique de l’Université de Sherbrooke et au Centre de recherche sur le vieillissement du CIUSSS de l’Estrie – CHUS
  • Suzanne Garon, professeure à l’École de travail social de la Faculté des lettres et sciences humaines de l’Université de Sherbrooke et chercheuse au Centre de recherche sur le vieillissement du CIUSSS de l’Estrie – CHUS
  • Mario Paris, professeur associé à l’École de travail social de la faculté des arts et des sciences sociales de l’Université de Moncton
  • Mélisa Audet, post-doctorante à l’Institut de recherche en santé publique de l’Université de Montréal et professeure associée à la Faculté des sciences de l’activité physique de l’Université de Sherbrooke

Co-chercheuses aînées

  • Angèle Blais
  • Hélène Brochu
  • Claude Desjardins
  • Ginette King
  • Michèle La Haye
  • Lise Langlois
  • Christine Rousseau

Lien complémentaire

« Des citoyens aînés deviennent chercheurs à part entière » (vidéo et texte produits par l’Université de Sherbrooke)



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