Prédisposition génétique au cancer

Il existe plusieurs types de prédisposition génétique au cancer, que l’on appelle également syndrome héréditaire de prédisposition au cancer.

Chaque syndrome augmentera le risque de types bien particuliers de cancer. Par exemple, un syndrome donné pourra augmenter le risque de souffrir de cancer du côlon, de l’utérus et des ovaires, sans avoir un impact important sur le risque de cancer du sein. Dans cette section, nous vous présentons les syndromes héréditaires de prédisposition au cancer les plus fréquents et qui peuvent avoir été discutés avec vous durant votre rendez-vous.

Exemple de prédisposition génétique du cancer

Cancer du côlon : exemple du syndrome de Lynch

Le syndrome de Lynch est associé à un risque plus élevé que celui de la population générale de présenter le cancer du côlon et de l’endomètre (muqueuse interne de l'utérus). Un risque d’autres cancers tels que le cancer de l’estomac, des ovaires, de l’intestin grêle, des voies biliaires, de la vessie, du cerveau, du pancréas et des glandes sébacées peut également être associé.

Le syndrome de Lynch peut être causé par des changements génétiques (mutations) principalement dans 4 gènes, soient MLH1, MSH2, MSH6, PMS2. Chaque gène encode des instructions qui sont importantes pour diverses fonctions dans notre corps. En particulier, ces quatre gènes jouent un rôle dans la réparation des bris causés au matériel qui contient l’information génétique, soit l’ADN. L’analyse de l’instabilité des microsatellites et l’immunohistochimie sont des tests complémentaires réalisés sur la tumeur pour vérifier si ce système de réparation de l’ADN est défectueux. Lorsque ces analyses sont anormales, une prise de sang permet de rechercher une mutation au niveau d’un ou plusieurs gènes associés au syndrome de Lynch. Ce syndrome est de transmission dominante, c’est-à-dire que les enfants d’une personne porteuse d’une mutation d’un de ces 4 gènes ont chacun un risque de 1 sur 2 (50 %) d’avoir hérité de cette mutation. Leur risque d’avoir le syndrome de Lynch comme leur parent est donc de 1 sur 2 (50 %).

Il existe d’autres syndromes plus rares qui peuvent être associés à un risque plus élevé de cancer colorectal. La polypose adénomateuse familiale, la polypose récessive (MUTYH), la polypose familiale juvénile et le syndrome de Peutz-Jeghers en sont 4 exemples.

Cancer du sein : exemple du syndrome de cancer du sein et de l’ovaire héréditaire

Le syndrome de cancer du sein et de l’ovaire héréditaire signifie un risque augmenté de cancer du sein et de l’ovaire. Il peut aussi s’associer à un risque un peu plus élevé de mélanome et de cancers de la prostate et du pancréas.

Les deux gènes connus liés à ce syndrome sont BRCA1 et BRCA2. Ce sont des gènes qui, lorsque fonctionnels, ont pour rôle de supprimer les cellules du corps anormales. Tout comme le syndrome de Lynch, le syndrome de cancer du sein et de l’ovaire héréditaire se transmet de manière dominante, donc un risque de 1 sur 2 (50 %) pour chaque enfant d’avoir reçu le syndrome de son parent. 

Le cancer du sein peut être causé par d’autres syndromes génétiques. Le syndrome de Li-Fraumeni et le syndrome de Cowden sont deux exemples.

De la cellule au gène en passant par l’ADN

Introduction

Le corps humain est composé de milliards de cellules. Ces cellules sont l’unité de base de tout organisme vivant. Elles sont visibles à l’aide d’un microscope. Les cellules travaillent seules ou de façon coordonnée et ne jouent pas toutes le même rôle. Par exemple, une cellule de la peau ne ressemblera pas et n’aura pas les mêmes fonctions qu’une cellule des os ou qu’une cellule nerveuse du cerveau.
Chaque cellule possède un noyau qui contient l’ADN. L’ADN est différent d’un individu à l’autre et provient du mélange de l’ADN des deux parents. L’ADN est constitué de quatre lettres : A, C, G et T. L’ordre de ces lettres constitue l’information nécessaire à la cellule pour remplir ses fonctions. C’est ce qu’on appelle le code génétique. Les sections de l’ADN dont le code est important sont appelées les gènes.

Concept de mutation génétique

Une mutation est une erreur dans la séquence de lettres d’un gène ou d’une partie d’ADN, comme une  faute d’orthographe dans un mot. Certaines mutations peuvent entrainer des problèmes de santé. Toutefois, notons que certaines mutations peuvent être bénignes, et n’ont donc pas d’effet sur la santé. La majorité des mutations sont corrigées automatiquement par la cellule elle-même.

Chaque gène est présent en deux exemplaires dans l’ADN. Dans certains cas, une seule copie mutée du gène entraînera la maladie ou le syndrome génétique. Dans d’autres cas, les deux copies du gène doivent être mutées pour causer la maladie. On parle de maladies à transmission dominante dans la première situation et de maladies à transmission récessive dans la deuxième situation.

Les parents transmettent à chaque enfant une seule des deux copies de chacun des gènes. Pour un gène donné, l’enfant reçoit donc une copie de sa mère et une copie de son père.

  • Pour une maladie dominante, l’enfant sera atteint de la maladie s’il reçoit la copie mutée du parent atteint. 
  • Pour une maladie récessive, l’enfant est atteint de la maladie s’il reçoit deux copies mutées, une de chaque parent. L’enfant est porteur sain s’il reçoit une seule copie mutée. Il n’est donc pas malade dans ce cas. 
  • Un enfant qui ne reçoit pas de copie mutée est dit non-porteur.

Comment se forme le cancer

Selon l’hypothèse de Knudson, le développement du cancer nécessiterait l’accumulation d’au moins deux mutations dans l’ADN d’une cellule. Une ou des mutations peuvent être héritées des parents et elles sont donc présentes dès la naissance dans toutes les cellules de notre corps. Cela nous rend plus à risque de développer un cancer. D’autres mutations peuvent survenir spontanément au cours de notre vie (acquises). Cela peut survenir par hasard, durant la division d’une cellule par exemple.

Également, cela peut être provoqué par l’exposition à différents facteurs environnementaux comme le tabac, les produits chimiques, une exposition forte aux rayons du soleil, etc. La majorité des mutations acquises ne se transmettent pas à la génération suivante puisqu’elles se trouvent rarement dans les cellules qui forment les ovules ou les spermatozoïdes.

Des cellules peuvent devenir cancéreuses lorsque des mutations s’accumulent dans l’ADN et que les gènes de surveillance des erreurs génétiques, de réparation ou de contrôle de la croissance et de la division cellulaire ne fonctionnent plus bien. Les cellules cancéreuses se divisent ensuite activement et à vitesse variable jusqu’à former ce qu’on appelle une tumeur maligne ou une masse cancéreuse.

Cancers sporadiques et héréditaires

Lorsque les mutations sont le fruit du hasard ou qu’elles sont acquises suivant l’exposition à des facteurs de risque environnementaux, on parle de cancer sporadique. On parle de cancer héréditaire lorsque le cancer survient chez une personne atteinte d’un syndrome héréditaire de prédisposition au cancer. Cette personne possède au sein de toutes ses cellules une mutation qui se transmet de génération en génération et qui augmente le risque de cancers.

 

Le plus souvent, la personne aura hérité d’une mutation dans une copie d’un gène, présente dans toutes ses cellules. Si au cours de sa vie une mutation survient dans l’autre copie du gène (mutation acquise), cette personne pourrait développer un cancer. En comparaison, deux mutations acquises devront survenir, une dans chaque copie du gène, pour qu’une personne qui n’a pas de prédisposition développe le cancer. 
Seulement 5 à 10 % des cancers sont héréditaires.

AVERTISSEMENT | L’information fournie dans ces pages ne remplace pas une consultation en oncogénétique. Elle vous aide à vous préparer et à planifier vos questions lors d’une future consultation.

Ces pages ont été rendues possibles grâce au soutien du Fonds Brigitte-Perreault de la Fondation du CHUS.

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