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Je m'appelle Janie. J'ai 28 ans et j'étais alcoolique.

"Retourner en arrière pour moi est impossible, recommencer à boire, faire comme avant, c’est littéralement remettre un pied dans ma tombe..."

« Est-ce que mon combat contre l’alcool est gagné? Jusqu’à ce jour, oui. Chaque matin, ma bataille est à recommencer », Janie.

 

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19 octobre 2013, j’ai 28 ans.

À ce moment précis de ma vie, j'arrive à un tournant sans en être vraiment consciente. Je suis propriétaire d'une maison avec revenus et j’occupe le même emploi depuis dix ans dans un restaurant qui est ma deuxième maison. J’ai beaucoup d'amis, une grande famille, une filleule en or, mon meilleur ami comme colocataire. Je suis une fille sociable, drôle, débrouillarde, intelligente, curieuse, ouverte d'esprit.

Passionnée

En apparences, je suis la fille enjouée, connue de bien des gens. Je tiens un discours politique et social lucide et consciencieux, qui prouve mon intérêt envers l’humain. Je suis très critique envers les injustices. J’adore la musique. Je suis une passionnée! J’en joue, j’en écoute, j’en mange. Je suis aimée de mes amies. Je suis la fille de party avec qui déconner, avec qui passer une excellente soirée.

Anxieuse

Je suis extrêmement anxieuse. J’ai des phobies sociales qui me tiennent dans une prison en permanence. Je suis profondément malheureuse. Je suis par moment très dépressive. L’angoisse mène ma vie depuis la fin du secondaire. Je suis complètement fermée sur moi-même. Personne ne me comprend, surtout pas moi. Je vis dans le silence, le plus grand des calvaires. J’abandonne mes projets, rêves, sorties, activités. Je pense régulièrement à mettre fin à mes souffrances, à mon combat perdu d'avance; je songe au suicide. Heureusement j’arrive à trouver répit. Je consomme de l'alcool, énormément d’alcool. 

 

19 octobre 2013 : «Je suis incapable d’imaginer ma vie sans consommer.»

2 août 2015 : « Il m’est impossible de penser à consommer de nouveau.»

 

Les jours de déprime et d'angoisse...

Je collectionnais aussi les journées de grandes déprimes, de crises d’angoisse aigües, les journées passées au lit. Je n’arrivais à accomplir aucun défi. Il y avait longtemps que je n’osais plus en relever. Me comparer aux autres était extrêmement douloureux. Lire la suite...

Voir les gens de mon âge réussir, avoir des enfants, finir leurs études, pratiquer un métier dans leur domaine, exercer un sport. Ce que j’aurais donné pour être normale! Pour ne pas avoir à vivre maintes crises qui m’empêchaient d’aller là-bas et de foncer dans ceci. Ce n’est pas juste. Pourquoi c’est si simple pour eux?

Je suis bien consciente que mon mode de vie est malsain. J’ai des désirs énormes de me mettre en forme, d’aller étudier, de rencontrer une personne avec qui partager ma vie. Je désire profondément arrêter d'être malheureuse et je sais que de cesser toutes consommations est nécessaire. Ou du moins diminuer. Oui, je diminue alors. J’ai arrêté un mois ici, j’ai compté mes consommations là.

Je me suis fait accroire des centaines de fois que c'était la dernière fois, que la semaine prochaine, j'arrête. Ha non, je diminue. Mais pas pour ce soir par contre, c’est une soirée spéciale! Et le jour suivant? J’ai eu une journée de merde, je le mérite vraiment. Ce weekend, mes amies descendent de Montréal! La semaine prochaine, j’arrête!

Pourquoi arrêter? Je n’ai qu’à diminuer.

J’ai marchandé longtemps avec moi-même. Si vous saviez à quel point j’avais la ferme intention de diminuer ma consommation. Consommer d’une manière responsable, tant de gens y arrivent, cela ne doit pas être sorcier.

 

Le moment où j'ai vraiment arrêté de boire (mais je ne le savais pas encore...)

Je consulte une psychologue depuis près de six mois et cela m’aide énormément. Ma volonté de changer de vie devient de plus en plus présente. Je décide une bonne fois pour toutes de cesser de fumer la cigarette.Lire la suite...

Je veux performer. Je veux retoucher au sport et pouvoir bouger plus de trois minutes sans avoir envie de vomir. Pour m’assurer de ma réussite cette fois, je cesse l’alcool afin de maximiser mes chances de réussir. Je prendrai un verre une fois que mon combat contre le tabac sera gagné.

Une première étape

Les premières semaines vont bon train. Beaucoup de confusion. Je dois réorganiser mon quotidien, mes habitudes. Occuper mon esprit autrement, quitter le boulot sans prendre de verre, arriver chez moi et... Et faire quoi? Il n’y a rien à faire... Un mois. Un mois que j’erre dans ma vie.

Plus de repères, plus de détente, plus de moments où j’ai une pause de mes souffrances… Tout ce que j’ai, c’est du temps... Du temps à tuer. Comment va l’arrêt de tabac? Bien! Au fait, je m'en fous! Le manque d'alcool occupe toute la place. J’angoisse, je suis perdue, je ne comprends plus rien. Qui suis-je? Qu’est-ce que je fais? J’ai mal, je souffre, j’ai peur, je veux mourir.

Une certitude s'installe : retourner en arrière est impossible

Cette période de ma vie est plutôt floue. Cependant, une certitude s’installe : retourner en arrière pour moi est impossible, recommencer à boire, faire comme avant, c’est littéralement remettre un pied dans ma tombe.

Je comprends à quel point j’ai un réel problème et que je dois m’en sortir, sinon je continuerai de me détruire. Impossible de faire un pas en arrière, c’est un précipice. Incapable de regarder en avant, c’est le plus grand des vides. Je demeure debout, sur place, complètement figée et paniquée.

L’organisme qui m’a été soufflé à l’oreille est le CRDE (Centre de réadaptation en dépendance de l’Estrie). Il en existe bien d'autres, seulement le mien, celui qu’il me fallait, c’est lui. Une amie a appelé pour moi. Il m’était totalement impossible de faire quelque geste qu’il soit. S’il avait fallu que j’aille un refus, c’était la fin, c’était ma mort.

À la suite d’une évaluation, j’ai été prise en charge. Je n'avais aucune, mais aucune idée de ce qui m'attendais. Je savais par contre que ma vie était sauvée, mais ce que j’ignorais, c’est que c’est moi qui allais la sauver.

L'intervention de professionnels était nécessaire dans mon cas, comme dans la plupart des cas de dépendance. Ma psychologue, mon médecin ainsi que le CRDE sont en grande partie responsables de ma grande réussite. Les crises, c’est moi qui les ai traversées, les « cravings », c’est moi qui les ai combattus, la peur, c’est moi qui l’ai ressentie, mais sans les outils que seuls les professionnels ont pu m'offrir, je ne serais pas sortie de mon cercle vicieux et je n'ose pas penser jusqu’où cela m’aurait menée.

Aujourd’hui, je respire.

J’ai appris à cesser de survivre et à commencer à vivre.

Je suis capable de prendre ce qui m’appartient, de regarder mes torts, mes bons coups et de rendre ce qui ne m’appartient pas. J’ai appris à vivre, à marcher, à construire ma vie, et ce n’est qu’un début!

Est-ce que mon combat contre l’alcool est gagné? Jusqu’à ce jour, oui.

Chaque matin, ma bataille est à recommencer. Par moments, il est facile pour moi de dire que cette période est derrière moi, alors qu’il y a des journées où je suis extrêmement faible. J’arrive à accepter mes faiblesses, je les pleure.

 

En commençant ma démarche, mon objectif était de cesser d’être malheureuse. Je l’ai atteint. Je peux même dire que, par moments, je suis heureuse et je suis la responsable de ce bonheur, mais sans le CRDE, ma psychologue et mes proches, jamais je n’aurais réussi à traverser toutes ces tempêtes.

 

Merci à mes patrons, à mes collègues.
Merci à mes amis.

Merci Elsa, Jenny et Sonia

Janie

* Les extraits du témoignage de Janie sont diffusés avec son autorisation. Certaines modifications de mise en page ont été apportées.

  

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